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Histoire et patrimoine
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Le chateau de Gaillon



Un palais italien en normandie



A Gaillon, dans la résidence d'été des archevêques de Rouen, au début du XVIème siècle, s'amorce de manière éclatante le mouvement qui va renouveler les conceptions architecturales et décoratives, bouleverser le monde de l'art en passant sans transition du Moyen -Age à la Renaissance.
 
Le cardinal Georges d'Amboise, archevêque de Rouen, premier ministre de louis XII, légat du Pape, vice-roi du Milanais en 1500, transpose sur les bords de seine, au Château de Gaillon, sa vision de l'Italie, où l'ont amené les missions que lui confie le roi de France, et son espoir déçu d'accéder à la papauté. Architectes, peintres, sculpteurs, venus d'Italie, passés par les bords de la Loire ou issus des grands chantiers rouennais, transformeront en quelques années le château médiéval et son domaine en véritable palais, entouré de jardins.
 
Les successeurs de Georges d'Amboise conserveront l'essentiel de son oeuvre, y apporteront quelques modifications ou extensions, mettant au goût du jour les jardins et les bâtiments qui s'y rattachaient.
 


Parvenu intact jusqu'à la Révolution, la vente des Biens Nationaux provoquera le dépeçage du château, dont quelques éléments seront sauvés, rachetés en 1801 par Alexandre Lenoir pour son "musée des monuments Français" et remontés partiellement à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris.
 
Un établissement pénitentiaire est construit entre 1812 et 1827 sur les ruines du château. Devenu propriété privée en 1919, le château de Gaillon, parvenu à un état de ruine dramatique, est acquis par l'Etat en 1975, après une longue procédure judiciaire. Depuis cette date, d'importants travaux de restauration sont menés sur le monument.

Visite guidée du chateau


 
Le pavillon d'entrée constitue l'accès principal au château depuis le XVIème siècle. Vestige du château médiéval placé sur l'éperon naturel surplombant la vallée de Seine, défendu de larges fossés, il a été remodelé par Georges d'Amboise en 1509, surmonté de hautes toitures, restituées récemment avec l'épi de faîtage en plomb aux armes du cardinal, incrusté de pilastres de pierre à décor d'arabesques en faible relief, soulignant les travées verticales des fenêtres. Les colonnes cannelées, chapiteaux à l'antique et frontons à coquilles des baies des tourelles marquent la rupture avec le répertoire décoratif médiéval.


 
La galerie des Cerfs sépare l'avant-cour de la cour d'honneur. Elle comportait initialement, en 1503-1504, une galerie ouverte vers le nord, surmontée d'un étage et d'un haut toit d'ardoises percé de lucarnes. L'élévation nous est donnée en son centre par la Porte de Gênes (a), véritable arc de triomphe à décor des feuilles stylisés, de caissons à rosaces, de corniches à l'antique. Les colonnes de la galerie sont ornées d'un treillis à décor d'hermine, portées sur des bases encore gothiques, très proches de celles de la galerie du château de Blois. La galerie des Cerfs constituait l'organe essentiel de circulation du château, reliant la Tourelle d'Estouville (b) à l'ouest, seul vestige apparent de l'Ostel Neuf reconstruit par le cardinal Guillaume d'Estouville, entre 1458 et 1463, et la Grand Vis (c) à l'est, desservant les trois niveaux de la Grand'Maison. De cette Grand Vis ou grand escalier ne subsistent que des dessins qui l'apparentent à celle du château de Meillant. Surmontée d'un lanternon, et d'une figure de Saint Georges terrassant le dragon, en plomb doré, elle formait un des points forts de la composition architecturale. Les éléments de la Galerie des Cerfs et la Porte de Gênes, après un siècle et demi dans la cour de l'Ecole des Beaux-arts, ont été restaurés et surmontés à Gaillon au cours des dernières années à leur emplacement originel.


La Grand Maison commencée en 1502 contenait les appartements de Georges d'Amboise, la chapelle à deux niveaux, une galerie voûtée ouverte sur le val de Seine entre la chapelle et la Tour de la Sirène, à l'angle nord-est de la Grand Maison. L'aménagement pénitencier n'a laissé subsister que la galerie sur le valtransformée  en réfectoire et aujourd'hui rétablie dans ses dispositions primitives, et des éléments des grandes salles du rez-de-chaussée. La petite Galerie Est (d) en applique sur les trois premières travées de cette aile, en raccord avec la Grand vis, a pu être remontée en utilisant les fragments originaux retrouvés à l'Ecole des Beaux-arts, avec leur somptueux décors de médaillons, de frises, de clefs pendantes, portées par des piles ornées de trophées, d'arabesques et de candélabres voisinant avec des motifs trilobés encore gothiques. Le décor architectural des deux travées suivantes de la Grand Maison a été identifié dans le dépôt lapidaire de Gaillon et pourrait retrouver son emplacement initial. La Chapelle (e) constituait le point culminant de la composition couronnée de deux lanternons superposés. Elle comportait une chapelle basse couverte d'une voûte d'ogives à clefs finement sculptées et découpées, entourée d'un déambulatoire extérieur, supportant la chapelle haute établie sur toute la largeur disponible, pourvue d'un très riche décor de vitraux, peintures, stalles et mobilier liturgique. Ne subsiste aujourd'hui que la chapelle basse, son déambulatoire, et quelques vestiges du décor de la chapelle haute dispersés aujourd'hui entre la Basilique Saint-Denis, divers musées et dépôts.
Deux statues d'Antoine Juste sont visibles dans le choeur de l'église paroissiale de Gaillon. La Galerie sur le Val (f) surmontée d'un promenoir prolonge le déambulatoire de la chapelle basse sur toute la longueur de la Grand Maison, s'ouvre sur la plaine où s'étendaient les jardins bas.
 


 
La Tour de la Sirène autrefois couronnée d'une figure de cet être mythique, en plomb doré, est l'une des tours d'angle de l'ancien château fort. Bien qu'écrêtée d'un niveau au siècle dernier, elle conserve une part importante du décor Renaissance dont elle a été dotée en 1503.
Au rez-de-chaussée avaient été établies les cuisines de l'établissement pénitentiaire.


 
La Cour d'Honneur conserve ses proportions originelles, mais les ailes nord et est ont été rebâties sans grand caractère au siècle dernier. En son centre s'élevait la grande fontaine de marbre, offerte à Georges d'Amboise, vice-roi du Milanais par la République de Venise. Non loin de l'angle nord-ouest, un châtelet cantonné de quatre tourelles, le pavillon Delorme, aujourd'hui arasé, donnait accès à la cour de l'Orangerie.


 
Le Pavillon Colbert construit vers 1700 par l'archevêque Jacques -Nicolas Colbert, second fils du ministre de Louis XIV, s'élève sur les vestiges de l'ancienne Orangerie du XVIème siècle qui s'ouvrait au premier étage sur la terrasse du jardin haut. Ce pavillon dû à Jules- Hardoin Mansard, en cours de restauration, s'étendait bien au delà vers l'ouest, centré sur le pavillon gauche actuel. Une galerie couverte le reliait initialement à la Tour de la Sirène par un pont jeté sur le fossé.

 
Texte : Direction Régionale des Affaires Culturelles, conservation régionale des monuments historiques.
 




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